Est-ce normal que l'annonce de la maladie crée de la distance avec les proches ?

… que l’annonce de la maladie crée de la distance avec les proches ?

L’annonce d’un cancer est un bouleversement pour la personne malade, mais aussi pour son entourage. Certains liens se renforcent, tandis que d’autres proches peuvent prendre leurs distances.
Pourquoi ces réactions ? Et comment éviter que le silence ou l’isolement ne s’installent ?

Septembre 2026 (n° 411) – Texte : Chloé Dussère
Temps de lecture : 2 minutes

 

Après avoir dit que l’on est atteint d’un cancer, il n’est pas rare que l’amie que l’on avait régulièrement au téléphone n’envoie plus que de rares messages, qu’un silence s’installe avec un proche parent, que les collègues ne prennent pas de nouvelles… « L’annonce d’un cancer constitue un véritable bouleversement psychologique pour le patient et son entourage, explique Sandrine Gelée, psychologue clinicienne responsable de l’Unité de psycho-oncologie de l’Institut Godinot, à Reims. Les relations peuvent se renforcer, mais certaines peuvent également devenir plus distantes ou plus fragiles. La solidité du lien va obligatoirement être mise à l’épreuve. Certaines personnes vont spontanément manifester leur présence et leur solidarité, d’autres vont prendre de la distance (physique, et/ou psychique). »

Pourquoi certains proches prennent-ils leurs distances après l’annonce d’un cancer ?

La distance qui s’installe, parfois, avec des proches au moment de l’annonce de la maladie peut correspondre à un processus d’adaptation, une stratégie consistant à mobiliser nos mécanismes de défense (déni, banalisation, fausse réassurance, isolation, etc.)(1) pour nous protéger d’émotions trop envahissantes comme l’angoisse, le sentiment d’impuissance, la culpabilité, la dépression…

« Plus le sentiment de vulnérabilité ou le vécu d’impuissance s’imposent, plus les mécanismes de défense peuvent être tenaces, poursuit Sandrine Gelée. Il s’agira alors de permettre à la personne de cheminer à son rythme et de laisser le temps faire son travail. » Cette distance est rarement un détachement mais plutôt la traduction d’un sentiment d’impuissance. Bien souvent, le proche s’éloigne par peur de mal faire, de ne pas avoir les bons mots, de ne pas être à la hauteur. Si la personne malade souffre de cette distance, il est important qu’elle puisse en parler à son proche, sans accusation.

Elle peut verbaliser ses attentes, guider son proche en lui indiquant ce dont elle a besoin. Et cela passe parfois par des actes simples : une promenade, une course, une garde ponctuelle d’enfants ou une étreinte même silencieuse.

 Plus le sentiment de vulnérabilité ou le vécu d’impuissance s’imposent, plus les mécanismes de défense peuvent être tenaces. »

Sandrine Gelée,
psychologue clinicienne

Cancer et isolement : quand la personne malade prend ses distances

Parfois, c’est la personne malade elle-même qui prend de la distance avec ses proches. Là aussi, il s’agit bien souvent d’un moyen de se protéger, mais aussi de prendre le temps d’intégrer le changement.
« Ce besoin d’isolement favorise un travail d’introspection pour penser ce qui arrive sans être submergé par les émotions de l’entourage ou, au contraire, une mise au repos d’un point de vue psychique, un répit parfois nécessaire suite à la multitude d’informations transmises », précise Sandrine Gelée. Les proches, s’ils n’ont pas d’autre choix que de respecter cette distance choisie par la personne malade, doivent néanmoins veiller à ce que celle-ci ne reste pas trop longtemps en retrait.

« Le risque serait que les proches se découragent et n’osent plus proposer d’aide, ce qui amplifierait le sentiment et l’état de solitude », précise Sandrine Gelée. On peut alors approcher la personne malade en lui demandant si elle nous autorise à passer la voir le temps d’un café, en lui conseillant d’écrire si elle n’arrive pas à parler, en lui proposant une activité physique adaptée qui pourrait l’aider à retrouver des sensations agréables, etc. « De manière générale, pour la personne malade comme pour son entourage, la validation des émotions est importante, poursuit Sandrine Gelée. Il s’agit de reconnaître le droit de chacun d’avoir peur, de ressentir de la tristesse par moments, d’avoir besoin de s’isoler afin de maintenir certains repères et de retrouver un peu de normalité… »

Et pour éviter que la distance et le silence s’installent durablement, une consultation avec un psychologue, dans le centre de soins où la personne suit son traitement, peut être bénéfique car il est parfois moins difficile d’exprimer son ressenti auprès d’une personne extérieure plutôt que d’un proche.

La Ligue à votre écoute !

Grâce au numéro vert, national et gratuit (0 800 940 939), accédez, en tapant 1, à un service d’écoute et de soutien, anonyme et confidentiel, assuré par des psychologues (du lundi au vendredi de 9 h à 19 h).

  • Forum
  • Forum
  • Forum
  • Forum
  • Forum
  • Forum
  • Forum
  • Forum
  • Forum
  • Forum
  • Forum
  • Forum
  • Forum
  • Forum

Rendez-vous sur le forum

Visiter le forum